LES BIKERS DE MOSCOU

Le jeudi 24/07/2014, je pars du motel pour aller sur Moscou ; il y a normalement 25 bornes, au bout de 70 bornes, je ne suis toujours pas rendu dans le centre. Tous les panneaux sont en cyrillique, je n’y comprends rien. Il devient vital pour moi de me mettre au russe, au moins savoir le lire dans les plus brefs délais.

Je finis tout de même par me retrouver dans le centre à chercher l’adresse d’une auberge mentionnée sur le net comme étant la moins chère de Moscou.

J’arrive à un feu, un biker avec un trail BM arrive à mon niveau : c’est un flic. Il me regarde des pieds à la tête pendant un bon moment. Je me dis « merde, cette fois j’y échapperais pas ». Il me dis un truc, je lui fais comprendre que je ne parle pas un mot de russe, le feu passe au vert, il démarre. Nickel.

30 secondes plus tard et 2 croisements plus loin, je m’arrête pour un point carte ; j’ai à peine le temps de descendre de la moto, qu’un type se pointe et me demande en anglais si je suis perdu. Naturellement, je lui réponds oui. On commence à parler, je lui explique où je veux aller, il me parle de moto et me dit qu’il est biker. Il fouine dans son I phone, localise l’adresse et me propose que je le suive jusqu’à l’adresse de l’auberge. Il enfourche sa Transalp, je le suis, 20 minutes plus tard, nous étions arrivés. On prend le temps de parler plus longuement, on se présente, il me file son numéro et me dit que si je voulais visiter la ville il était dispo ce week end ; je lui dit OK, je t’appelle samedi. Il s’appelle Alexander.

Une fois Alexander parti, je monte dans l’appart, je règle la paperasse avec la nana de l’hôtel puis je redescends à la moto pour la décharger. Au moment ou je finis d’enlever un second sandow, une caisse de dingue (BMW5.50I) se gare à coté de moi. Le conducteur sort de sa voiture et vient tout de suite vers moi ; il me dit en anglais : « moi aussi je suis un biker » en me serrant la main, il ouvre une des portes arrière de la bagnole et me montre son casque avec sa combinaison. On parle bécane ; il me demande si j’ai un endroit où mettre Bestiole ce soir, je lui réponds non. Il me dit : « viens, suis moi ». Il m’emmène derrière un bâtiment, me désigne un emplacement pour Bestiole, il insiste sur le fait que c’est ici qu’il faut la parker et pas ailleurs. Il me salue et part.

A cet instant, étant un minimum méfiant, pendant une fraction de seconde je me suis dit « c’est trop beau pour être vrai y a une embrouille ». Mais non, il y avait zéro embrouille, tous les bikers rencontrés à Moscou sont comme ça. Ils sont toujours prêt à t’assister ; j’utilise assister volontairement car c’est vraiment le cas. C’est ce jour là que je prends conscience que Bestiole n’est plus qu’un simple moyen de locomotion mais bien « un instrument de rencontre ». Ici la moto favorise le contact, suscite les questions, provoque l’approche des gens ; elle est devenue pour moi un  véritable outil de communication.

Le lendemain, je visite la Place Rouge, le Kremlin, le Goum, le Bolshoï… la ville me paraît gigantesque, la plus part des rues ont jusqu’à 6 voies de circulation. Les bâtiments sont massifs et impressionnants. Ceci dit, la ville a un coté très agréable ; il y a d’énormes parcs munis de fontaines partout. Evidemment la ville semble regorger de femmes sublimes. A l’hotel, l’ambiance est très bonne, j’y rencontre un français qui connait bien la Russie, Marc, un type bien cool, qui enrichit un peu mon maigre lexique russe. D’ailleurs au passage, je recommande l’adresse : Iris Hotel 4ème Tverskaya-Yamskaya, 5 (1000 roubles le lit dans une chambre de 4) proche du métro, environ 30 minutes à pieds de la Place Rouge.

Le lendemain, comme convenu, j’appelle Alexander ; on se donne RDV à une station de métro. On part en bécane à l’université située en hauteur au Sud Ouest de Moscou. Le site offre un panorama sur toute la ville.

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Avec Alexander au point de vue de l’université

Alexander me décrit tous les gros édifices et différents quartiers. Une bikeuse se pointe et se gare juste à coté de nous. Nous l’observons car elle a un style bien particulier ! Elle porte une espèce de robe-jupe rose avec des genouillères… Du coup, elle nous adresse la parole, on commence à discuter le bout de gras puis on sympathise. Elle nous propose d’aller à la plage avec elle. Surpris, je demande à Alexander, il y a une plage à Moscou ? Il me répond à l’affirmative et me signale que c’est à 50 bornes de là. On décide d’y aller, on enfourche les bécanes et on se met à suivre Valeria. On a du mal à la suivre, elle roule comme une vraie fondue. Nous arrivons en effet à cette plage, l’endroit est complètement décalé : c’est une espèce de lac artificiel entouré de tours résidentielles avec une ambiance caribéenne. Une copine de Valeria, Tatiana est là aussi ; elle est également une bikeuse. On déconne un peu, la nuit tombe, Alexander repart chez lui, Tatiana veut rentrer aussi.

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La plage

 

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Valéria avec sa moto

Du coup Valeria me dit que l’on doit absolument retourné à l’université où l’on s’est rencontrés dans l’après-midi. Je ne comprends pas tout ce qu’elle me dit, mais elle tient absolument à me montrer quelque chose là bas. Elle repart comme une dingue, je la suis, du moins j’essaye. Arrivés sur place, j’ai vite compris ce qu’elle voulait me montrer. A cet endroit, apparemment chaque samedi soir, ça serait Le rassemblement de motards de Moscou. Je t’explique pas le gratin ; des bécanes de partout, des mecs qui claquent des ruptures de tous les cotés… Il y a des caisses aussi : Hummers, Hummers limousines, etc. Les types sont complètement brûlés, certains passent par bande de 10 sur le boulevard sur la roue arrière à facile 150 km/h. Puis ils sont organisés, tous les enduros sont ensembles, idem pour les sportives et autres. Il y a beaucoup de Gold Wing aussi. Et tous les samedis soirs en été, ça serait comme ça. Franchement, je ne me souviens pas avoir déjà vu un truc pareil.

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Les bikers de Moscou

Ensuite, Valeria m’explique que le week end, son délire est de rouler dans Moscou du samedi soir au dimanche matin. Alors surpris, je lui demande « mais tu vas où, tu vas dans des rads ? » Elle me répond « non je roule dans Moscou juste pour le plaisir de rouler, tu veux venir avec moi ? » Je lui réponds que ouais mais pas à bloc et pas toute la nuit. On a pris la direction du quartier des affaires où les tours sont assez originales ; on s’est arrêté à l’Est des tours, puis on est repassé à l’Ouest, puis au Sud… Derrière on a enquillé sur le centre ville, avec dans la foulée un passage le long de la Moskova ; elle connaissait la ville par cœur, tous les raccourcis à travers des parcs, bref on a continué comme ça au moins durant 3 heures. On a du faire pas loin de 150 bornes. J’étais pas trop chaud au début mais finalement cette visite de la ville était complète. Je suis rentré à l’hôtel un peu plié.

La communauté des motards de Moscou semble faire preuve d’une rare cohésion. Alexander m’a expliqué que même si ces derniers étaient relativement présents sur Moscou, il n’en restait pas moins que les motards restaient rares en Russie. Ces raisons expliqueraient donc cette unité. Après plusieurs questions de ma part, il ajouta littéralement « quand t’es un biker ici, t’es quelqu’un d’un peu exceptionnel ; donc les autres bikers sont obligatoirement tes frères ».

Je pars le lendemain direction Volgograd.

Je remercie bien tous les bikers de Moscou pour leur accueil.

 

 

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