CAP VERS L’OURAL EN DUO

Après ces quelques jours passés sur Stalingrad, Bestiole avait besoin de se dégourdir les cylindres. Décidés à enquiller des bornes, nous mettons donc les voiles en direction de l’Oural en empruntant la P228 le long de la Volga. Première étape à Saratov. Le lendemain, en faisant le plein dans une station, je rencontre Maksime, un biker russe ; on se retrouve sur la route quelques dizaines de km plus loin ; Maks rentrait de vacances des côtes de la Mer Noire, il rentrait chez lui dans un petit village de l’Oural. Il me propose de rouler ensemble jusque là bas ; il a un plan pour dormir à 400 bornes d’ici. Je lui dis que ça me branche. Nous voilà partis à 2 pour un prochain arrêt à Togliatti. Croiser le chemin de quelqu’un, c’est intéressant, en partager un bout, un morceau est souvent riche d’expériences. le soir, on arrive à Togliatti chez un frère d’armes de Maks : Mihaïl. Je n’ai jamais vu ce mec et il me reçoit comme l’un de ses meilleurs potes. En discutant, Mihaïl me recommande de me rendre au musée technique de Togliatti où tous types de matériels militaires y seraient exposés. Lui montrant mon enthousiasme, Maks décide de m’y emmener le lendemain matin avant de reprendre la route.

Arrivés au musée, l’éventail d’armes présentées était, le moins qu’on puisse dire, très complet. Moi qui fus souvent déçu de ce genre de musée, où le tôlier, avec son grand sourire jusqu’aux oreilles, tout fier de te montrer 3 pauvres flingues dans une vitrine… Là, pour une entrée à 100 roubles (soit environ 2€) t’en as pour ton pognon ; répartis sur plusieurs hectares :  avions de chasse (dont Migs 15, 16, 21, 23, 31…),  tanks, canons d’artillerie, trains blindés, batteries anti aériennes, DCA, missiles, tracteurs, camions de transport de troupes, mines nautiques, hélicoptères, antennes mobiles, 1 sous marin… Les matériels datent principalement de la seconde guerre mondiale ou de l’époque de la guerre froide. Il n’y avait pas de fioritures, pas de salles avec écrans, juste un terrain, des armes exposées avec une plaque de description en russe devant chaque engin. Enfin, un bâtiment présentait du matériel de parachutisme et d’aérospatiale.

 

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Sous marin de 90m de long, « type 641B »

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En partant, nous nous sommes arrêtés au boulot de Mihaïl pour le saluer, avant de tracer sur la M5 en direction de Ufa. Depuis Saratov, les paysages avaient l’aspect de steppes.

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Le long de la Volga sur la P228

 

La nuit tombée depuis 2 bonnes heures, on s’est arrêté pour bivouaquer en bordure d’un champs de colza.

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Plus nous progressions vers l’Oural et plus la route nous dévoilait ses dangers ; sections de chaussée bosselées, creusées, défoncées, et tronçons sans asphaltes se succédaient. Peu de kilomètres avant Ufa, on arrive quelques minutes après un face à face entre 2 voitures. Un corps était étendu sur le sol ; vu l’état des 2 carcasses, les autres passagers s’ils n’étaient pas morts  ne devaient pas en être loin. La circulation quant à elle est rythmée par les segments de route en travaux ; ce qui provoque des ralentissements, voire des bouchons sur plusieurs km. Parfois, il y a une piste parallèle à 50m de la route. Lorsque ça bouchonne, j’empreinte ces pistes, ce qui me donne l’occasion de tester la moto sur chemin et de me tirer la bourre avec les Lada Niva, et j’attends Maks quelques km après. En général, il n y a pas de pistes, alors Maks et moi roulons sur le bas coté pour ne pas perdre trop de temps. De plus en plus fréquemment, les conducteurs venant sur la voie d’en face, sûrement excédés par les ralentissements, dépassent comme si nous n’étions pas là. Ils doivent penser que, vu nous sommes en bécane, « ça passe » ; mais par moments, c’est vraiment tendu… Il est même arrivé qu’une voiture double face à nous avec une seconde qui roulait à contre sens sur notre bas côté simultanément… De toute façon, c’est comme ça, il faut donc s’adapter ; on réduit la vitesse sur ces portions, et en ce qui me concerne, je m’attends à tout, tout le temps. Puis peu à peu, le paysage change ; on pénètre dans l’Oural. La forêt se densifie de chaque coté de la M5. Les guinguettes sur le coté vendent des pots de miel local. Le relief, relativement peu élevé, apparaît tout de même. Et puis, il y a toujours les rencontres à chaque arrêt ; durant une de nos pauses au sommet d’un col, en attendant Maks, un type vient vers moi en courant, il me demande d’où je viens, et n’en revient pas. Il me demande si il peut prendre des photos de la moto, si il peut me prendre en photo… Il s’appelle Sergueï et est kazakh. Je le connais depuis 30 secondes mais il tient absolument à m’offrir une bouteille de vodka du Kazakhstan, ainsi qu’une boîte d’un plat typique de la même provenance ; au début je refuse mais impossible, il veut rien savoir… Même si ça fait plusieurs milliers de km que je roule à travers la Russie, je suis toujours surpris ; dans le même contexte, plus tard, un mec me filera des CD de musique russe…

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Entrée dans l’Oural

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Sergueï et sa bouteille de vodka

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En partant d’une station, Maks m’indique qu’à 20 bornes de là, à l’Ouest il y a un pueblo se nommant Zlatoust ; ce village est ce que Laguiole est pour l’Aveyron : une commune célèbre pour sa fabrique artisanale de couteaux. On fait donc un crochet sur Zlatoust avant de reprendre notre route pour son village du coté de Miass. Dans la foulée, nous nous sommes arrêtés près d’un lac.

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Un des lacs de l’Oural

Au bout d’environ 1300 km parcourus ensemble, nous étions arrivés dans l’Oural, chez les parents de Maks. On a commencé par décharger les motos, puis ranger ces dernières dans le garage familial. L’habitation était dans un immeuble plutôt ancien. Le garage se situait approximativement à 1500m de l’appartement. Tout semblait organisé pour mon arrivé, la porte du garage refermée, le père nous attendait en bagnole devant. Maks m’explique dans la bagnole, n’ayant pas d’eau chaude dans l’appart, ils m’emmènent quelque part où je me laverais. Je lui réponds : « L’eau froide ne me fait pas peur » mais ils insistent. Après avoir roulé 2000m, on entre dans une enceinte clotûrée. Les parents possédaient un lopin de terre sur lequel, ils y cultivaient une grande variété de fruits et légumes ; et sur ce même lopin, ils ont construit un sauna, un vrai. La structure du bâtiment a été réalisée avec des « troncs de pins » superposés. Le sauna en lui même était bien d’une surface de 40m². C’était plutôt agréable… Puis est venu le repas ; sans exagérer, je t’assures qu’un sultan n’aurait pas été mieux reçu. Ma présence semblait être un événement. La mère a dressé une table au milieu du salon ; une profusion d’aliments colorait la table : poisson, poulet, fromages, pommes de terre, champignons, un plat d’une espèce de viande entourée d’omelette et d’autres trucs que je ne saurais décrire. Le tout arrosé de bière et d’une boisson alcoolisée artisanale à base de cerise (type mirabelle) que la mère fabriquait elle même. Lors du repas, la mère servait les petits godets de tout le monde, racontait un truc en russe, puis il fallait juste derrière s’envoyer le verre cul sec ; et ce durant le repas jusqu’à temps que la quille soit morte. A la fin du repas, j’étais un peu désemparé face à l’accueil de ces gens. Mais j’avais emmené quelques trucs dans mon sac pour ce ce genre de situation. Les différents guides dont j’avais pris connaissance conseillaient d’offrir des parfums « de paris » ou autres conneries de ce type. Moi, j’avais voulu, faire simple, durable, utile, compact et français : j’ai emporté une douzaine d’Opinel du n°9 au n°12. J’ai donc sorti un numéro 12 pour l’offrir à la mère. De toute de façon, elle avait l’air plus du genre à préférer les Opinel plutôt que des trucs de gonzesse. Elle semblait contente en tout cas ; vu que le père fumait, j’ai sorti une boîte de cigares, qu’on s’est mis à fumer ensemble. On a continué à la bière jusqu’à 3 heures du mat. Maks insistait pour que je reparte le sur lendemain, il souhaitait me montrer les environs. J’ai accepté ; le jour d’après, on a enfourché nos machines pour aller taquiner les pistes du secteur. Maks avait sa sœur comme passagère. Après la visite d’une carrière de marbre, une baignade dans un lac, on a fini dans le potager des parents à manger des fruits. Le repas du soir fut dans la même ambiance que celui de la veille, avec de la vodka à la place de l’alcool aux cerises…

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Carrière de marbre à environ 70 m au Sud d’Ekaterinbourg

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Ballade sur une piste du secteur

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Vue depuis le sommet d’une colline

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Baignade dans le lac

 

 

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