Etape technique à Novossibirsk

Le 11/08/2014, Maks, devant se rendre à Ekaterinbourg, décide de m’accompagner jusque là bas et de m’aider à y trouver une paire de pneus que je prévoyais de monter 1500 bornes plus loin. En chemin, Maks me propose d’échanger les motos ; évidement je suis chaud pour ça. J’ai pris en main le Yamaha 1300 FJR ; je te raconte pas, j’ai bien sentis les 140 chevaux de la machine (ce n’était pas la version limitée) me pousser au cul ; ça changeait de l’Africa Twin. Alors je me suis bien fait plaisir sur 50 bornes… Arrivés à Ekaterinbourg, après plusieurs coups de téléphone, après plusieurs essais auprès de distributeurs de pneumatiques repérés sur internet la veille et malgré qu’Ekaterinbourg soit la 3ème ville de Russie, nous n’avons pas réussi à trouver les précieux articles à part un pneu tout terrain compatible à la roue avant. Nous nous sommes pas acharnés non plus, j’ai pensé que Maks avait certainement un programme pour sa journée, je lui ai donc dit de laisser tomber, que je démerderais plus tard. Il m’a mis sur les rails de la P351 en direction de Tyumen, puis nous nous sommes séparés de la même manière que nous nous sommes rencontrés : au bord d’une route. En tout cas le parcours avec Maks aura été bien sympa.

Je roulais à nouveau seul, sous la pluie, l’Oural dans mes rétros. Après une étape de 700 bornes (Miass-Ekaterinbourg-Tyumen) j’avais passé Tyumen d’environ 30 km. Plus je m’approchais d’Omsk et plus le paysage évoluait vers une sorte de désert tout vert. Au bord de la chaussée, l’intérieur de certains « cafés » était décoré de têtes d’élans, sangliers et autres gibiers. Il était possible de bivouaquer n’importe où tant l’espace était abondant et sans aucune limite apparente. C’est le début de la Sibérie ; je sentais le coté sauvage de l’environnement, je me sentais bien malgré le mauvais temps que j’ai eu jusqu’à peu avant Novossibirsk.

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Entrée en Sibérie

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Mais la préoccupation des pneus m’est revenue ; je décide d’en chercher à Novossibirsk. La moto a parcouru 9500 bornes depuis Le Havre et 10000 depuis la dernière révision et changement de pneus ; le pneu avant peut encore tirer 2000 bornes, l’arrière est lui secoué, sous la pluie (et même par temps sec) quand je tombe un rapport trop tôt, la bécane part en chiquette. Et puis, normalement Honda préconise d’effectuer la vidange tous les 6000km. Tu peux me croire, trouver un consommable aussi courant en Europe c’est easy, en revanche, en Russie, ça devient vite compliqué pour plusieurs raisons. D’une, les motos ne sont pas courantes comme en Europe donc les magasins de pièces détachées et consommables en sont d’autant plus rares, de deux, même en demandant, il faut que l’interlocuteur soit un minimum dans le milieu pour te renseigner de manière efficace et de trois, pour moi, il y a toujours la langue comme barrière. Mais une fois de plus, une rencontre opportune avec un biker russe dans une station service m’aidera. Peu de km avant Omsk, je rencontre Ivan ; il habite Moscou et revient de Tomsk avec son Kawa Versys. J’en profite pour lui demander où je pourrais trouver des pneus sur Novossibirsk ; il sort sa tablette, cherche sur internet (tout est en cyrillique, même cette manip, je ne suis pas foutu de l’opérer moi même) et me dit que c’est peut être possible. Je lui précise aussi, ma nécessité de trouver un garage pour effectuer la vidange et une petite révision. Il me dit : « T’as besoin de faire tout ça ? Alors le mieux, c’est que t’appelles ma sœur, Natasha, elle vit à Novossibirsk, c’est une chouette fille, elle t’aidera » Puis, il se mit à téléphoner à sa sœur en direct ;  en raccrochant, il me dit qu’elle attend mon appel. Je le remercie bien. Il me lâche son numéro, puis repart.

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Rencontre d’Ivan

Dans la nuit du 15 au 16/08/2014, je débarque sur Novossibirsk ; le temps de trouver une piaule et il est 2H00 du mat. Plusieurs heures plus tard, je ne cherche pas à comprendre, j’appelle direct Natasha. Moins de 2 heures après mon appel, la nana se pointe et m’embarque dans sa caisse ; fille plutôt cool, genre rock, grunge, on sympathise vite. Son anglais est digne d’un britannique, du coup, c’est parfait, on communique bien ; c’est la première fois que je peux aussi bien m’exprimer et comprendre une personne de Russie. Elle me conduit dans un magasin de moto, « FBR » (For Bike and Rider) ; le type, sur place, a les pneus. Il me vend un Heidenau K60 Scout en 140 (made in Germany, excellente réputation) pour l’arrière et un Shinko E 700 (made in Koréa) pour l’avant. C’est tout ce qu’avait le type mais c’était parfait ; je ne pouvais pas espérer mieux que ça. J’ai acheté un bidon d’huile dans la foulée. D’ailleurs, si un biker est dans ce secteur et cherche du matos, voici les coordonnées :

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Je pouvais tout demander au mec, Natasha traduisait tout, c’était pour moi un sacré confort. Fournissant uniquement les pièces et pneus, sans montage, le vendeur indiqua à Natasha l’adresse d’un monteur. Après avoir acheter les pneus et l’huile, elle m’emmena voir le monteur de pneus ; on a pris RDV pour le lendemain. Derrière, nous sommes retournés à l’hôtel pour y déposer le matos. Natasha me demande ensuite ce que j’ai de prévu pour ce soir, je lui réponds « absolutely nothing ! » Je pars donc avec elle pour une soirée avec 2 de ses copines. Je te le dis tout de suite, quand j’ai vu les moeufs débouler, équipées de plusieurs litres de bière, d’une quille de champagne et une d’armagnac, je me suis dis que « ça y est, encore une embuscade ». je ne m’étais pas trompé… Cette observation a suscité chez moi la curiosité ; j’ai demandé à Natasha « qu’est ce qu’elles fêtent ? » Elle me répondit qu’ici, lorsque les mecs sont pas là, les filles sortent ensemble et se mettent la race. « Malheureusement, effectivement, nous buvons de trop !  » La dernière partie de la soirée s’est déroulée dans un bar où Natasha a joué un morceau de gratte…

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De G à D : Natasha, Llena, et katia

Levé en fin de matinée, je n’avais pas de temps à perdre ; les pneus amarrés à l’arrière de la moto, j’ai tracé chez le monteur. Pendant qu’il démontait les pneus, je m’affairais à la vidange et au contrôle des niveaux, serrages, et checking complet. En Russie, même faire monter des pneus peut être une aventure (en tout cas pour moi) et une occasion de tcatcher. En inspectant les neufs, je vois que ces derniers sont tubeless (sans chambre à air) ; hors Bestiole était montée en tube type (avec chambre à air). Je vois Yesguine (le monteur) enquiller la chambre à air dans le pneu. Je lui pose donc la question si il est sûr qu’il faut l’enquiller, vu que les pneus sont tubeless. Il essaye de m’expliquer mais je ne comprends pas tout ; je lui emprunte son tel, contacte Natasha pour qu’elle traduise. En fait, il me disait que les jantes, elles, ne sont pas tubeless, puisque la jonction entre la jante et les rayons n’étant pas étanche, laisse l’air s’échapper du pneu et donc le montage sans chambre à air n’est pas envisageable. Son explication m’a paru cohérente, j’ai validé le montage. Derrière, je me suis renseigné ; apparemment, monter un pneu tubeless avec chambre à air sur une jante tube type est un montage correct. En revanche, réaliser ce type de montage sur une jante tubeless est incorrect et dangereux (puisque l’air emprisonné entre la chambre à air et le pneu favorise un échauffement de la zone pouvant provoquer un éclatement…). Je m’endormirais un peu moins con ce soir. Ayant observé le montage des pneus, je ne m’imagine même pas changer une chambre à air sur le pneu arrière au milieu de la Mongolie ; je me suis donc mis dans le crâne de trouver un pied de biche ou un truc dans le genre avant de passer la frontière. En ce qui concerne la partie « entretien », rien n’a bougé. Les niveaux du liquide de frein, refroidissement étaient presque au max-Plaquettes OK-Support de coffres, rien n’a bougé-Filtre à air clean-Bougies nickel-connexions électriques RAS-radiateurs étanches-durites bon état-câbles embrayage + accélérateur OK-Joints spi de fourche corrects-filtre à essence propre-100% des ampoules fonctionnelles. L’amortisseur, lui, m’a par contre semblé plus souple qu’au départ, il est d’origine, j’espère qu’il tiendra. Le seul truc qui m’a chagriné est les 50 grammes de plomb sur la roue avant coté gauche (rien du coté droit) ; ça m’a parût bizarre, alors j’ai déposé les coffres , et je suis monté à 170 km/h et j’ai lâché le guidon, rien ne semble bouger ; j’en conclus que ça le fait. Je suis très loin d »être un As de la mécanique ou de la bricole mais j’ai la sensation que Bestiole est prête.

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Pneus trail montés, révision opérée, je suis prêt pour partir en Mongolie ; j’avais tablé sur un minimum de 3 ou 4 jours pour effectuer cette révision. Grâce à Natasha, en 36 heures après mon arrivée sur Novossibirsk, c’était plié. Elle n’avait pas l’air de s’en rendre compte mais son assistance m’avait été précieuse. Avant que l’on se quitte, elle me conseilla vivement de me rendre au Bike Bar de Barnaul, puis elle m’indiqua un hôtel dans la même ville.

 

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Natasha

Elle m’ a mis ensuite sur les rails pour rejoindre Barnaul ; ma chaîne me semblait trop tendue alors je me suis arrêté au bord de l’Ob pour l’ajuster. C’est là que je rencontre Sergueï et sa femme Katia ; il était proche de 19 heures, ces derniers me disent qu’ils est plus prudent de partir demain à la fraîche et m’invitent à dormir chez eux. Après tout, » je suis en retraite », je ne suis pas pressé, alors je les suis. Sergueï était plus ou moins fondateur d’un club de moto sur Novossibirsk ; Katia était une artiste : photographie, couture, peinture et dessin animaient son quotidien. La soirée fut bien tranquille, je repartais le lendemain.

 

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Katia et Sergueï

 

Arrivé sur Barnaul, je me suis mis à chercher l’hôtel indiqué par Natasha. Ce genre d’hôtel étant pas évident à dénicher, les coordonnées sont les suivantes :

 

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550 roubles la nuit (soit 11 €) ce qui peut t’éviter de prendre un hôtel dans le centre à un prix moyen compris entre 100 et 150€ la nuit. Cet hôtel est difficile à trouver, sans GPS, ni carte de la ville, j’ai du demander mon chemin à pas moins de 7 personnes avant de le trouver. Installé dans cet hôtel, je suis allé faire un tour au fameux « Bike Bar ». Avant d’être un lieu de bikers, l’endroit m’a parût être une galerie d’art ; moteurs, carburateurs, pots d’échappement, guidons, amortisseurs étaient fixés aux murs, un « dessous de voiture » est même enquillé dans le plafond ! Les chaises de bar sont constituées d’amortisseurs et de selles de Harley.  Le bar est également un restaurant où ,tu peux manger ton morceau de barbaque sur fond de Deep Purple… Quand j’y suis allé, les clients étaient de type, pilotes de sportives (Z1000 Kawa, 900 CBR et autres). Ces derniers m’ont demandé si j’avais de quoi que ce soit. En discutant, ils me recommandent d’aller vers le lac Teleskoye (situé dans l’Altaï russe) avant de me rendre en Mongolie. Je pense aller faire un tour là bas aujourd’hui.

 

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Etant maintenant à 800km de la Mongolie, je suis, comme à chaque passage de frontière, partagé entre un sentiment de frustration de quitter un pays qui me plaît et un autre d’excitation à découvrir un nouvel état. Alors j’avance, c’est le principe du road trip : aller toujours plus loin.

 

 

 

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