WELCOME IN MONGOLIA

Dans la matinée du 24/08/2014, j’arrive au poste frontière de Tashanta / Tsagaannntaruur, sachant que le passage est souvent long, je me pointe sur le coup de 8 heures. Approchant le poste, je me rends compte qu’il est fermé ; un type est derrière la grille, je lui demande l’heure d’ouverture, il me répond « zaftra, zaftra ! » (Demain, demain !). La frontière serait fermée le week end. C’est la règle, dans un trip comme ça, il ne faut pas être dans le rush, tu dois changer ton rapport au temps, je me suis fait à cette idée y a un moment… 3 bagnoles à l’aspect compète (autocollants de partout, couleurs bariolées…) sont là. C’était 3 teams du Mongol Rallye*, une nana, écossaise, d’une des équipes m’invite à prendre un thé ; je sympathise avec les types, on avait rien d’autre à branler qu’à attendre. Ils en ont profité pour remplacer un des amortisseurs HS d’une Skoda avec un de Lada qu’ils avaient trouvé à Tashanta, d’autres lisaient, certains partirent faire un tour dans la steppe… De mon coté, j’ai passé mon temps à équilibrer le chargement sur la moto ; la petite session off road dans l’Altaï m’avait démontré une surcharge à l’arrière. J’ai donc reconditionné l’outillage et pièces détachées les plus lourdes sur l’avant, amarrés dans des sacs étanches que j’avais en stock à l’arceau de protection avant ; j’ai inséré tous les documents (cartes, bouquins, papiers, instruments de navigation) dans un sac de réservoir que les bikers de Barnaul m’avaient filé ; de cette manière, un transfert d’environ 10 kilos a été opéré de l’arrière vers l’avant. L’écossaise m’a montré des photos de leur trip et expliqué le principe du Mongol Rallye (voir en fin de page). 2 autres équipes se sont pointées plus tard ; français, australiens, autrichiens, anglais, néo zélandais, suédois, écossais composaient ces équipes. Depuis Moscou, où j’ai fait la connaissance de Marc, c’était la première fois où je croisais des européens ; ça faisait du bien de parler anglais, on a bien déliré ensemble, alors on s’est tous cotisés pour acheter une énorme caisse de bières, puis nous avons monté une conurbation de tentes au pied de la clôture frontalière… Le soir, on s’est tous réunis autour d’un feu pour consommer le sirop ; la soirée a vite été écourtée par la pluie…

Le 25, 4 heures pour traverser la frontière russe ; 3h30 d’attente et 30 minutes pour le passage. Une fois mon tour venu, après avoir contrôlé passeport et carte grise, les douaniers m’ont demandé si j’étais armé, leur répondant par la négative, ils m’ont laissé partir sans rien checker. Et là, tu te retrouves dans un « no man’s land » de plus de 20 bornes ; il n’y a rien, une espèce de désert, suis je en Russie, en Mongolie, j’en sais rien. Je traverse un second poste, russe, au bout de 20 bornes ; contrôle rapide, puis re « no man’s land » de plusieurs km. Côté mongol, à 13 heures, c’est la pause déjeuné de 12 à 14 heures ; à 15 heures, on s’occupe de mon cas, les formalités sont très rapides. Un des douaniers, environ 50 ans, avec un air bien sympa, sourire grand jusqu’aux oreilles, me dit : « welcome in Mongolia » et m’ouvre le portail. Et là, tu retrouves face à 3 à 4 baraquements en premier plan, avec en fond une piste dont tu ne peux voir la fin… Je t’avoue que j’ai un peu tapé le flippe ; je m’y attendais mais franchement, t’aurais vu le truc… Je fais à peine 200 mètres que des types me stoppent ; représentent ils les autorités, j’en sais foutre rien, ils n’ont qu’un bâton orange. Apparemment oui, ils me « proposent » une assurance pour la moto ; moins de 10 euros pour un mois, j’achète. Ayant rien mangé de la journée, je vais grailler ce que je trouve dans une baraque. L’obstacle de la langue ressurgit, il fallait que je reparte de zéro, alors je demande la base : comment dit-on bonjour, merci, au revoir. En sortant je prends conscience que j’ai changé de pays, les gosses me disent tous « Hi », « where are you from ? «.Les nanas du « café » sont sympas, je mange un bout et j’enquille sur la piste. Même si aussi étrange que ça puisse paraître, lorsque tu passes une frontière tout change : les panneaux, la langue, les gens, les lois, les règles… Mais la nature, elle, se moque de la frontière ; j’étais toujours dans l’Altaï. Malgré qu’il n’y a pas d’asphalte, la chaussée est bonne alors j’envoie ; au bout de quelques dizaines de kilomètres, à ma grande surprise, la voix est asphaltée ; 100 bornes derrière la frontière, j’atteins la ville d’Ölgiy. Au moment où je m’apprête à retirer du blé à une tirette, plusieurs mecs se pointent et me sollicitent à être client de leur guest house. Pleins de types se pointent, à plusieurs reprises,  autour de la bécane et à chaque fois, leur première question est « combien elle coûte ? ». Ça me plaît pas, j’ai l’impression d’être une cible, l’européen, tel qu’il est perçu en Asie du sud est : un billet sur patte… Je déteste me sentir vu comme étant le blanc blindé de tunes, sans autre intérêt… J’étais loin de m’attendre à ce genre d’attitude des mongols, alors ça commence à me gonfler, je t’assure, qu’à ce moment, j’étais près à faire marche arrière et retourner en Russie. Puis je relativise, je me dis que viens juste d’arriver, Je m’installe dans un camp de yourtes moyennant 10 dollars US la nuit. L’endroit est rempli d’israéliens ; ils sont là à coté de moi en train de se foutre de la gueule d’une allemande (juste parce qu’elle est allemande) pendant que je lis un article partagé par un de mes meilleurs potes sur le net relatant de la barbarerie d’Israël envers la Palestine…  L’ambiance est bizarre ; Je ne m’exprimerais pas sur le sujet ici, ne respectant rien, je me suis à maintes reprises bien pris la tête avec ce type d’individu, dans plusieurs pays… Si je reste là, je sais que je peux méchamment déraper, alors je me casse du camp, je me concentre sur mon trip, je m’approvisionne  pour  tenir pendant 4 jours en vivres, eau, essence et consommables divers…

 *Le Mongol rallye est un raid en voiture de petites cylindrées (1,2l maxi). Le départ est à Londres pour une arrivée à Oulan Bathor en Mongolie ; chaque équipe verse une somme d’argent destinée à des association mongoles. Pas d’obligation d’itinéraire, ni de temps imposé pour les participants. Par ailleurs, ils sont en autonomie complète sans assistance. Ceux que j’ai rencontré m’on dit qu’il y avait environ 250 bagnoles au départ de Londres cette année.

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